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Par La Redaction
Publié le 12 octobre 2026

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Économie bleue: Faure Gnassingbé mise sur la Chine

Économie bleue: Faure Gnassingbé mise sur la Chine

Les perspectives de coopération entre le Togo, la Chine et les autres pays africains dans le domaine maritime étaient au cœur d’un entretien accordé par le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, à des médias chinois, en marge de sa visite officielle en Chine. Le dirigeant togolais a notamment plaidé pour un renforcement des capacités africaines en matière de sécurité maritime, tout en appelant à transformer les infrastructures portuaires en véritables moteurs de création de richesses.

Interrogé sur les perspectives de coopération entre la Chine et le Togo dans la sécurité maritime et l’économie bleue, Faure Gnassingbé a défendu l’ambition du pays de dépasser son rôle traditionnel de plateforme de transit pour devenir un acteur économique, technologique et institutionnel de la gouvernance mondiale.

Le Président du Conseil a rappelé l’engagement du Togo dans la coopération régionale dans le golfe de Guinée, notamment pour garantir la liberté de navigation, prévenir les trafics illicites et protéger les espaces maritimes. Il estime que la Chine, compte tenu de son poids dans le commerce mondial, peut contribuer au renforcement des capacités africaines dans ce domaine.

« La Chine, compte tenu de son poids dans le commerce mondial, peut contribuer au renforcement de nos capacités et donc à la préservation de cette sécurité », a-t-il déclaré.

Faure Gnassingbé a également souligné les conséquences économiques des perturbations sur les grandes routes maritimes mondiales, notamment sur les coûts de transport, les prix de l’énergie et les chaînes d’approvisionnement.

Le dirigeant togolais a ensuite insisté sur la nécessité de mieux valoriser les infrastructures portuaires du pays. Malgré la position stratégique du port de Lomé, présenté comme le premier port à conteneurs d’Afrique de l’Ouest, l’enjeu est désormais de développer des activités productives autour de cette plateforme.

« Ce que nous voulons, ce n’est pas d’augmenter le trafic ou bien les marchandises qui passent par notre port, mais de capter plus de valeur, créer une valeur ajoutée », a expliqué Faure Gnassingbé.

Pour atteindre cet objectif, il préconise le développement de zones industrielles, de services logistiques performants, la formation d’une main-d’œuvre qualifiée et une participation accrue des entreprises locales. Il estime que l’expérience chinoise en matière d’articulation entre ports, zones industrielles et écosystèmes productifs pourrait servir de référence à la coopération entre les deux pays.

Le Président du Conseil a par ailleurs insisté sur l’importance des sciences marines et des technologies pour permettre aux pays africains de participer pleinement à la gouvernance mondiale des océans. Il appelle notamment à renforcer les institutions de recherche, à former davantage de spécialistes et à favoriser le partage des données.

Faure Gnassingbé a également été interrogé sur la proposition chinoise de faire de la ville de Xiamen le siège du secrétariat de l’Accord BBNJ, consacré à la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale.

Le dirigeant togolais a reconnu les atouts de cette ville chinoise, notamment ses infrastructures modernes, son expérience maritime et ses capacités de recherche. Il estime que ces éléments lui donnent de solides arguments pour accueillir cette institution internationale.

Toutefois, il considère que l’enjeu dépasse le choix du siège. Pour lui, le futur secrétariat devra surtout permettre aux pays en développement de participer effectivement à la gouvernance des océans.

Il a notamment évoqué les difficultés rencontrées par plusieurs États africains en matière de recherche océanographique, d’accès aux données et de maîtrise des sciences marines.

Faure Gnassingbé a rappelé que le Togo a signé et ratifié l’accord BBNJ, mais que sa mise en œuvre nécessite des compétences et des moyens supplémentaires. Il plaide ainsi pour des partenariats entre les institutions de recherche chinoises et africaines, un accès élargi aux données océaniques et un partage équitable des bénéfices issus de l’exploitation des ressources génétiques marines.

Pour le Président du Conseil, la présence des pays en développement dans les institutions internationales ne suffit pas. Ils doivent également disposer des connaissances et des capacités nécessaires pour contribuer aux décisions.

Il s’est enfin montré optimiste quant aux chances de Xiamen d’accueillir le secrétariat, soulignant l’accessibilité de la ville et la qualité de ses infrastructures.

Le Président du Conseil met ainsi en avant une ambition qui dépasse la seule sécurité maritime : faire de la coopération avec la Chine un levier de transformation économique, de renforcement des capacités scientifiques et de participation effective du Togo et des pays africains à la gouvernance mondiale des océans.

La Redaction

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