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Par La Redaction
Publié le 31 octobre 2026

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Gati: les cadres volent au secours des élèves

Gati: les cadres volent au secours des élèves

Au Togo, les élèves ont repris le chemin de l’école après les vacances depuis le 14 septembre dernier. Mais, dans les milieux ruraux, les difficultés financières continuent de peser sur les parents qui peinent à assurer une bonne scolarité à leurs enfants. Ceux de Gati, dans le canton de Gbatopé, commune de Zio 1, viennent d’être soulagés par les cadres de leur village. Vendredi 30 octobre 2026, ces derniers ont apporté leur soutien aux élèves de l’École primaire catholique (EPC) et du Collège d’enseignement général (CEG) de la localité.

Pour cette opération de solidarité en faveur de l’éducation, les cadres avaient les bras chargés de sacs d’écolier, de matériel pédagogique et de livres. À l’EPC Gati, ils ont pris en charge 62,5 % des frais de scolarité de chacun des 90 élèves, soit 5 000 sur les 8 000 FCFA à payer par enfant. Cinquante sacs ont également été distribués aux élèves, accompagnés de matériel pédagogique.

Le choix de cet établissement s’explique notamment par les difficultés auxquelles fait face cet établissement catholique depuis l’instauration de la gratuité des frais de scolarité dans les écoles publiques. Créée en 1936, cette école historique de la localité est aujourd’hui confrontée à une baisse de ses effectifs, liée notamment aux difficultés financières des parents.

Ancien élève de l’établissement, Mathias Gafa, responsable des cadres, se souvient d’une époque où l’EPC Gati figurait parmi les meilleures écoles de la préfecture.

« Nous faisions partie des meilleurs élèves. Sur les dix premiers de la préfecture de Zio, l’EPC Gati en comptait cinq », a-t-il rappelé.

Mais, selon lui, la situation a considérablement évolué au fil des années, au point de faire peser une menace sur la survie de l’établissement.

« Aujourd’hui, nous constatons que l’école risque de fermer ses portes. Le coût de la vie devient de plus en plus élevé et les parents n’arrivent plus à payer les frais de scolarité. Avec la gratuité instaurée dans les écoles publiques, beaucoup d’enfants s’y sont orientés », a expliqué Mathias Gafa.

Il précise que cette mobilisation vise à encourager les parents à maintenir leurs enfants dans l’établissement et à préserver une école qui a marqué l’histoire éducative du village. Selon les informations portées à la connaissance des cadres, l’établissement pourrait être menacé de fermeture si ses effectifs descendaient jusqu’à 60 élèves.

Selon Blaise Narteh-Messan, un autre cadre du village, cette situation menaçait la survie d’une école qui a pourtant contribué à former plusieurs cadres de Gati.

« Pour éviter cette situation, les cadres ont pensé qu’il était de bon ton de venir soutenir les parents d’élèves à travers une contribution pour la scolarité », a-t-il expliqué.

Initialement, les cadres ambitionnent de prendre entièrement en charge les frais de scolarité des 90 élèves concernés. Mais pour cette première étape, ils ont procédé au paiement d’une partie des frais, avec la volonté de mobiliser les ressources nécessaires pour couvrir le reste.

« L’intention, c’est de couvrir toute la scolarité pour tous les effectifs de cette année. Nous sommes venus remettre une partie et nous allons travailler en sorte à ce que la totalité de la scolarité pour chacun des enfants inscrits cette année soit comblée », a précisé Blaise Narteh-Messan.

Après l’étape de l’école catholique, la délégation s’est rendue au CEG de Gati. Dans cet établissement qui accueille 352 élèves, 125 livres de mathématiques, de sciences physiques, de chimie et de littérature ont été remis aux enseignants afin de renforcer les ressources pédagogiques disponibles pour les apprenants.

La démarche a été saluée par la députée Nyonufia Nomanyo, l’adjoint au maire de Zio 1, Victor Togbé, ainsi que le curé de la paroisse Sainte-Thérèse-d’Avila de Gati, Toussaint-Epiphane Aduayi-Akoe. Les autorités traditionnelles, les parents d’élèves et les représentants des jeunes ont également pris part à la cérémonie.

Les différentes personnalités ont encouragé les élèves à travailler davantage, à cultiver l’excellence et à faire bon usage des appuis reçus. Victor Togbé a, pour sa part, promis de solliciter les bonnes volontés afin de contribuer au paiement du reliquat des frais de scolarité des élèves de l’EPC.

Les enseignants des deux établissements ont également exprimé leur reconnaissance aux cadres pour leur geste. Au CEG de Gati, qui enregistre depuis six ans les meilleurs résultats au BEPC dans la zone, les responsables ont profité de l’occasion pour exposer les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Ils ont notamment évoqué le manque de matériel destiné aux travaux pratiques et aux expériences dans les matières scientifiques, précisant que l’établissement ne dispose d’aucun équipement d’expérimentation.

Les cadres du village, la députée et l’adjoint au maire ont promis de porter ces doléances auprès des bonnes volontés en vue de leur satisfaction.

Pour les initiateurs, cette action s’inscrit dans une dynamique d’accompagnement de la jeunesse et de promotion de l’éducation.

« Le meilleur investissement, c’est l’investissement dans l’humain. Nous faisons en sorte que nos petits frères qui nous suivent soient la relève assurée pour ce village, pour notre préfecture et pourquoi pas pour notre nation », a souligné Blaise Narteh-Messan.

Du côté des bénéficiaires, le geste a également été accueilli avec joie. Rahma Ariziki Sibabi, élève en classe de CM1 a remercié les donateurs et exprimé sa volonté de travailler davantage pour réussir ses études.

 

 

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