Libye: le MMLK appelle l’UA et l’AES à reprendre le dossier de la réconciliation

20 octobre 2011-20 octobre 2026, cela fait exactement 15 ans que Mouammar Kadhafi a été assassiné en Libye. À l’occasion de cet anniversaire, le Mouvement Martin Luther King (MMLK) dénonce le rôle de l’OTAN dans sa chute et réclame justice pour l’ancien dirigeant libyen. L’organisation dirigée par le pasteur Edoh Komi appelle surtout l’Union africaine (UA) et l’Alliance des États du Sahel (AES) à reprendre le dossier libyen pour favoriser une réconciliation nationale sous l’impulsion africaine.
Le 20 octobre 2011 reste une date douloureuse pour le mouvement, qui dénonce ce qu’il qualifie de « grand mensonge de l’OTAN ». Il estime que la disparition de l’ancien guide libyen a marqué un tournant tragique pour son pays et pour l’Afrique.
Dans sa déclaration, le MMLK présente l’ex-dirigeant comme un visionnaire qui ambitionnait de renforcer l’unité du continent, notamment à travers le projet des États-Unis d’Afrique et la création d’une monnaie africaine adossée à l’or. Il lui attribue également un rôle majeur dans le financement de l’Union africaine et le soutien aux mouvements de libération.
Pour l’organisation, ces ambitions panafricaines éclairent les raisons de son élimination. Elle accuse la coalition de l’OTAN d’avoir invoqué la protection des civils pour justifier son intervention militaire, tout en poursuivant, selon elle, des objectifs économiques et stratégiques liés aux intérêts occidentaux.
« Vous avez fabriqué un dictateur pour abattre un visionnaire bâtisseur », dénonce le mouvement, qui estime que l’intervention de 2011 a contribué à déstabiliser durablement la Libye.
Quinze ans après, le bilan dressé par le MMLK est particulièrement sombre. Le pays demeure fragilisé par les divisions politiques, les milices armées et les interventions étrangères. Le mouvement établit également un lien entre la dispersion de l’arsenal libyen et l’aggravation de l’insécurité au Burkina Faso, au Mali et au Niger.
« L’assassinat de Kadhafi n’a pas apporté la démocratie en Libye. Il a apporté le chaos au Sahel », affirme-t-il, estimant que l’Afrique a perdu l’un de ses principaux soutiens politiques et financiers.
Le MMLK rapproche également cet événement de la capture de Laurent Gbagbo, le 11 avril 2011, en Côte d’Ivoire. Il voit dans ces deux épisodes une volonté de freiner les ambitions de souveraineté portées par certains dirigeants africains, une lecture qui nourrit son plaidoyer pour une Afrique maîtresse de ses ressources et de ses choix.
Face à la crise libyenne, l’organisation appelle les différentes composantes du peuple libyen à privilégier le dialogue. Elle rejette les initiatives de règlement organisées dans les capitales occidentales, qu’elle juge motivées par des intérêts économiques, notamment autour du pétrole et de la reconstruction du pays.
Pour le mouvement, la sortie de crise doit venir des Libyens eux-mêmes, avec le soutien de leurs partenaires africains.
« Aux problèmes africains, des solutions africaines », martèle-t-il, en proposant que les efforts de réconciliation soient conduits dans des villes comme Lomé, Bamako, Niamey ou Addis-Abeba, plutôt qu’à Paris, Londres ou Berlin.
Au-delà de cet appel, le MMLK formule plusieurs exigences : la réhabilitation de la mémoire de l’ancien dirigeant dans les manuels scolaires, la relance de sa vision des États-Unis d’Afrique et du dinar-or par l’UA et l’AES, ainsi que l’établissement des responsabilités dans son assassinat. Il réclame que les commanditaires présumés répondent de leurs actes devant l’histoire.
Le mouvement annonce également deux initiatives mémorielles. Il appelle à observer une minute de silence panafricaine chaque 20 octobre à 12h30, heure qu’il présente comme celle de la mort de l’ancien dirigeant à Syrte. Cette commémoration est destinée aux écoles, universités, lieux de culte et institutions du continent, en hommage aux figures panafricanistes disparues.
Autre proposition : la création d’un « Jardin de la mémoire panafricaine » au siège de l’Union africaine, à Addis-Abeba. Cet espace rendrait hommage aux personnalités africaines assassinées et rappellerait leur contribution aux luttes pour l’émancipation du continent. Un baobab dédié à l’ancien guide libyen serait le premier symbole de ce lieu de mémoire.
Le MMLK entend à travers cette déclaration faire de ce quinzième anniversaire un nouvel appel à la souveraineté africaine. L’organisation assure qu’il poursuivra son combat pour que toute la lumière soit faite sur les circonstances du drame et pour que les idéaux panafricains défendus par l’ancien dirigeant continuent d’alimenter le débat sur l’avenir du continent.
La Redaction
Publié sur Togo En Live




