Personnes âgées: la CNDH alerte sur l’abandon familial

La Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) a célébré en différé ce jeudi 5 novembre 2026 à Lomé la Journée mondiale des personnes âgées. La rencontre a réuni les organisations représentatives des aînés autour des enjeux liés au vieillissement, à la protection de leurs droits et à l’amélioration de leurs conditions de vie. À cette occasion, l’institution a appelé à renforcer la solidarité intergénérationnelle et à lutter contre les risques d’abandon familial.
« Aujourd’hui, les personnes âgées jouent un rôle très important dans nos maisons, dans nos familles et dans nos communautés. Mais derrière cette richesse-là, existent des situations préoccupantes liées à l’âge, particulièrement la santé, la faiblesse des revenus, ainsi de suite. Ce matin, nous mettons particulièrement l’accent sur l’échange et l’écoute de ces personnes », a affirmé Me Kwao Ohini Sanvee, président de la CNDH.
La journée a porté sur le thème: « L’ère de la longévité: repenser les systèmes pour des vies plus longues ». Des communications et des discussions ont meublé la rencontre, notamment sur les droits fondamentaux des personnes âgées et le rôle du médecin gériatre dans l’accompagnement du vieillissement. Une intervention de la spécialiste Dr Diane Gbéassor a permis d’aborder les questions de santé et de prise en charge adaptées aux aînés.
Pour Me Kwao Ohini Sanvee, la protection des personnes âgées doit dépasser le cadre de l’assistance.
« Cette période ne doit pas être vécue comme une demande d’assistance. C’est un droit, on doit les accompagner parce que nous sommes tous amenés à devenir personnes âgées, si nous ne le sommes pas encore », a-t-il souligné.
Le président de la CNDH a également attiré l’attention sur la situation des aînés laissés seuls par leurs familles. Il estime que l’abandon familial constitue l’un des dangers majeurs auxquels les personnes âgées sont exposées.
« Pour quelqu’un qui a fait de la famille, pour quelqu’un qui a éduqué beaucoup de gens, quelqu’un qui a vu passer dans sa maison beaucoup de personnes, un jour se retrouver seul, il n’y a même pas une seule personne qui puisse aller vous faire une course, c’est véritablement un problème », a-t-il déploré.
Présent à cette rencontre, le président du Conseil national des personnes âgées, Doussor Akakpo, a salué l’initiative de la CNDH. Il a exprimé le souhait de voir les institutions multiplier les cadres d’écoute et d’échange avec les aînés.
« La personne âgée, elle ne doit pas être laissée pour son compte à une personne qui a pris son temps à élever des enfants », a-t-il déclaré.
Il a également évoqué les difficultés de certains seniors dont les enfants vivent à l’étranger ou dans d’autres localités, les laissant parfois seuls face aux besoins essentiels.
« Aujourd’hui, on voit ses enfants loin de lui. D’autres sont en France, d’autres sont un peu partout, et il est seul, isolé, cherchant à qui lui donner quoi manger, quoi boire. Vraiment, c’est un peu pitoyable », a-t-il regretté.
La CNDH entend, à travers cette initiative, renforcer sa collaboration avec les organisations de personnes âgées et favoriser un dialogue participatif autour de leurs préoccupations. L’activité s’inscrit dans sa mission de promotion et de protection des droits humains, notamment ceux des personnes vulnérables.
La Redaction
Publié sur Togo En Live




