Togo: Des animaux vaccinés, des jeunes formés

Au Togo, le développement de l’élevage et de la pêche repose sur plusieurs leviers, allant de la vaccination des animaux au soutien aux pêcheurs, en passant par la promotion de la pisciculture et la formation professionnelle. À travers ces initiatives, les pouvoirs publics entendent renforcer les filières animales et halieutiques tout en préparant une nouvelle génération de professionnels.
La stratégie vise à accroître la production, à préserver les moyens de subsistance des exploitants et à doter les jeunes des compétences nécessaires pour faire de ces secteurs de véritables moteurs de développement économique.
Dans le secteur de l’élevage, la protection du cheptel constitue un enjeu majeur. Ces dernières années, 12,5 millions d’animaux ont été vaccinés au Togo, une intervention destinée à prévenir les maladies animales et à limiter leurs conséquences sur les exploitations.
Pour les éleveurs, la perte d’un animal représente bien plus qu’un dommage matériel. Il peut s’agir d’une source de revenus, d’un reproducteur ou encore d’un élément essentiel à la constitution d’un patrimoine familial. La vaccination contribue ainsi à préserver le capital économique des exploitants et à sécuriser leurs activités.
Elle participe également au maintien de la production de viande, de lait et d’autres produits d’origine animale destinés aux marchés et à la consommation. En protégeant les troupeaux, cette mesure contribue à la disponibilité des produits alimentaires et à la résilience du secteur de l’élevage.
Dans le domaine de la pêche, le Togo mise également sur le développement de la pisciculture. La mise à disposition d’alevins et de cages flottantes permet aux producteurs de disposer des moyens nécessaires pour démarrer ou renforcer leurs activités aquacoles.
Les alevins constituent le point de départ de la production piscicole, tandis que les cages flottantes offrent la possibilité d’élever les poissons directement dans les plans d’eau, dans un cadre adapté à leur croissance. Ces équipements contribuent à diversifier les modes de production et à compléter les activités de pêche traditionnelle.
L’objectif est d’accroître la disponibilité des produits halieutiques tout en réduisant la dépendance à l’égard des seules ressources naturelles issues de la pêche de capture.
Les pouvoirs publics interviennent également sur les charges d’exploitation des pêcheurs. Le carburant, notamment pour les embarcations motorisées, représente un poste de dépense important et peut peser sur la rentabilité des activités.
La mise à disposition de carburant subventionné vise à alléger cette pression financière et à permettre aux pêcheurs de poursuivre leurs sorties dans de meilleures conditions. Cette mesure contribue aussi à soutenir l’approvisionnement des marchés en produits halieutiques, les coûts de production pouvant avoir une incidence sur les prix de vente.
Au-delà des équipements et des mesures de soutien, le développement de ces filières passe par la formation de ressources humaines qualifiées. C’est dans cette perspective que deux Instituts de formation en alternance pour le développement (Ifad), spécialisés dans l’élevage et l’aquaculture, ont été créés au Togo.
À Barkoissi, dans la région des Savanes, l’Ifad est dédié à l’élevage. Celui d’Elavagnon, dans la région des Plateaux, est consacré à l’aquaculture. Les deux établissements accueillent des jeunes titulaires du Brevet d’études du premier cycle (BEPC), pour un cursus de trois ans sanctionné par un baccalauréat professionnel.
Créés en 2019 à la demande du président du Conseil, Faure Gnassingbé, ces instituts répondent à une ambition précise, mettre la formation professionnelle au service des secteurs prioritaires du développement économique.
Le modèle repose sur l’alternance entre enseignements théoriques et apprentissage pratique. Il vise à préparer les apprenants à maîtriser les techniques de production, à gérer une exploitation et à développer, à terme, leurs propres activités entrepreneuriales.
En six ans, les deux Ifad spécialisés dans l’élevage et l’aquaculture avaient déjà formé 480 jeunes. Selon les données présentées, le taux d’insertion professionnelle atteint 90 %, tandis que près de 70 % des diplômés ont bénéficié d’un accompagnement financier pour leur installation.
Ces résultats illustrent une approche qui ne se limite pas à la transmission des connaissances. Elle cherche également à faciliter l’entrée des jeunes dans la vie professionnelle et à favoriser leur autonomie économique.
À travers la vaccination du cheptel, l’appui aux pêcheurs, le développement de la pisciculture et la formation spécialisée, le Togo entend ainsi renforcer les capacités de ses filières animales et halieutiques. L’enjeu est de produire davantage, de sécuriser les activités et de disposer de professionnels capables de porter durablement ces secteurs.
La Redaction
Publié sur Togo En Live




