Ajustement des tarifs d’électricité: Voici les explications du gouvernement

C’est un sujet qui suscite des réactions depuis quelques jours au Togo. L’augmentation des tarifs d’électricité depuis le 05 mai par le gouvernement, jugée inopportune par les consommateurs. Le ministère des mines et des ressources énergétiques réagit et donne les raisons qui nécessitent ce réajustement des tarifs.
Dans un communiqué publié jeudi, le ministère des mines et des ressources énergétiques a rappelé que l’Etat togolais a fixé le cap de l’accès universel à l’électricité d’ici 2030, avec une production locale composée à 50% d’énergies renouvelables, et une continuité de service pour les ménages et les industriels. Un objectif qui nécessite que les principaux acteurs du secteur soient en bon ordre de marche financière et technique.
Le département dirigé par Robert Eklo explique que depuis plus de dix ans, la demande en électricité s’est rapidement accrue en zones urbaine et rurale en raison du développement rapide des infrastructures de production et de distribution de l’électricité, accompagné des mesures de facilitation à l’accès au service énergétique pour tous les ménages et des réformes opérées dans le secteur telles que la création de l’Agence Togolaise d’Electrification Rurale et des Energies Renouvelables (AT2ER) pour accélérer l’électrification rurale.
Toujours selon le ministère, cette évolution de la demande doit également être satisfaite par une offre en électricité équivalente qui est en partie produite par les unités de production locales à partir du gaz, du solaire et de l’hydraulique et une autre partie importée auprès des pays voisins (Ghana et Nigeria).
Le département renseigne que le coût moyen de production d’énergie électrique a atteint 145 F par kWh en 2024 mais cette énergie produite est revendue aux consommateurs au tarif moyen de 102 F par kWh et n’a pas évolué depuis 2011, créant des déficits dans les comptes de la Compagnie Energie Electrique du Togo (CEET).
Il ajoute que ces déficits ont été régulièrement absorbés par les appuis multiformes de l’Etat qui, entre 2020 et 2025, a mobilisé plus de 56 milliards de FCFA pour l’approvisionnement en combustible et le règlement partiel des dettes d’importation d’énergie afin de maintenir la continuité du service.
Par ailleurs, la puissance publique a encore récemment apporté sa garantie facilitant l’obtention de la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) d’une ligne de crédit de 40 milliards FCFA en faveur de la CEET pour apurer ses dettes auprès des fournisseurs d’énergie.
« Il devient donc nécessaire et urgent de prendre des mesures appropriées pour préserver la viabilité financière de la CEET. L’ajustement des tarifs fait partie intégrante de ces mesures de redressement et sera complété par d’autres mesures qui visent à optimiser le système d’approvisionnement et de distribution de l’énergie », explique le directeur de cabinet.
Il est question d’améliorer la gouvernance de la CEET, le recouvrement des impayés ainsi que la qualité de service clientèle avec la digitalisation des services et processus, réduire des pertes commerciales et techniques sur le réseau, renforcer la lutte contre la fraude et négocier de meilleures conditions d’approvisionnement.
« Cet ajustement est modéré, avec un taux moyen de 12,5%. Il tient compte du niveau de consommation et de la capacité contributive de chaque catégorie d’usagers. Des efforts collectifs seront faits pour protéger les plus fragiles. Plus de 1 500 000 consommateurs à faible revenu bénéficient depuis décembre 2024 d’une baisse de 30% sur leur tarif, maintenue après l’ajustement. Les consommateurs aux revenus moyens verront un ajustement contenu. Les gros consommateurs contribueront également dans un souci de préserver leur compétitivité », a-t-il précisé.
Les bénéfices attendus des mesures prises pour la relance de la CEET sont notamment la réduction drastique des délestages, la continuité et la stabilité dans la fourniture de l’électricité de qualité, la maintenance des infrastructures et réparation rapide des pannes, l’accélération et l’intensification des travaux d’extension et d’électrification dans les zones urbaines et rurales, l’augmentation de la part de l’électricité produite localement, la fiabilisation du service public.
« Cet ajustement des tarifs de l’électricité est mis en œuvre à compter du 15 mai 2025 », a conclu le directeur de cabinet.
La Redaction
Publié sur Togo En Live




