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Par La Redaction
Publié le 4 juillet 2026

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Crise au Moyen-Orient: la Conférence ministérielle de l’APA appelle les parties prenantes à la retenue

Crise au Moyen-Orient: la Conférence ministérielle de l’APA appelle les parties prenantes à la retenue

La Conférence ministérielle extraordinaire de l’Alliance Politique Africaine (APA) s’est tenue vendredi à Lomé, sous la présidence Faure Gnassingbé, Président du Conseil et en présence de Julius Maada Bio, Président Sierra Leonais et Président en exercice de la CEDEAO. Elle a porté sur le thème : « L’Afrique face à la crise au Moyen-Orient: impacts, défis et réponses stratégiques ». Dans une déclaration ayant sanctionné les travaux, plusieurs recommandations ont été formulées et résolutions ont prises.

Les participants à la conférence comprenaient  les ministres des affaires étrangères et représentants de l’Algérie, de l’Angola, du Benin, du Burundi, de l’Egypte, de la Guinée-Bissau, du Libéria, de la Libye, de la Mauritanie, du Mozambique, de la Namibie, du Rwanda, de la Sierra Leone, de la Somalie, du Soudan, du Tchad, du Togo, du Zimbabwe, des Emirats Arabes Unis, de I’Iran, du Koweit, du Qatar, de la Commission de l’Union africaine et de la Commission Economique des Nations unies pour l’Afrique.

Dans la déclaration officielle, ces derniers ont exprimé leur préoccupation par rapport à l’aggravation des tensions géopolitiques et militaires au Moyen-Orient ainsi que par leurs conséquences aux plans humanitaire, sécuritaire, économique et énergétique.

Ils ont alors réaffirmé leur attachement aux principes pertinents de la Charte des Nations Unies et de l’Acte constitutif de l’Union africaine, notamment ceux du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale des États, de non-ingérence dans les affaires intérieures des Etats, du respect du droit international et du droit international humanitaire et du règlement pacifique des différends et insisté sur le dialogue, la diplomatie et la coopération internationale pour prévenir l’escalade des conflits et promouvoir une paix durable dans l’intérêt de l’humanité.

Les ministres et représentants des institutions et organisations notent que la crise au Moyen-Orient affecte directement les intérêts vitaux et stratégiques du continent africain, pointant des perturbations des chaînes d’approvisionnement et du commerce international, une forte volatilité des marchés énergétiques, des pressions inflationnistes, une instabilité des marchés de change ainsi que des risques croissants pour la stabilité économique de plusieurs États africains.

Ils relèvent que les perturbations des chaînes d’approvisionnement en provenance du Golfe affectent l’accès de l’Afrique aux intrants agricoles, fragilisent les capacités de production du continent et perturbent les échanges commerciaux avec le Moyen-Orient et soulignent que la crise au Moyen-Orient accroît les risques pesant sur les environnements sécuritaires africains, notamment à travers l’expansion des menaces transnationales, les risques de déstabilisation régionale et l’intensification de la compétition stratégique entre puissances extérieures.

Les ministres des affaires étrangères de l’APA ont également proposé des réponses stratégiques aux impacts de la crise. Ils encouragent les États africains à renforcer leur résilience économique face aux chocs géopolitiques extérieurs ainsi que leur souveraineté énergétique par le développement des infrastructures énergétiques, des capacités de raffinage, des énergies renouvelables et des interconnexions régionales.

Dans la même veine, ils appellent à intensifier les efforts en faveur de la sécurité alimentaire, du développement agricole, de la transformation agroalimentaire et de la constitution de mécanismes régionaux de réserves stratégiques et recommandent le renforcement des mécanismes africains de coopération économique, financière et monétaire afin de mieux faire face aux crises internationales.

Les participants soulignent par ailleurs la nécessité d’adapter les dispositifs de sécurité africains à l’évolution des menaces hybrides, appellent à redoubler de vigilance au niveau sécuritaire, à activer ses mécanismes d’alerte précoce dans ses régions frontalières au Moyen-Orient, à renforcer sa capacité d’anticipation et de réaction face aux crises internationales et invitent les Etats africains à aller vers la construction d’une autonomie stratégique africaine en matière de défense et de sécurité suivant les recommandations de la 3e conférence ministérielle de l’APA, tenue le 02 juin 2025 à Lomé.

Les ministres ont profité de l’occasion pour appeler les parties au conflit à faire preuve de retenue maximale et à éviter toute action susceptible d’entraîner une aggravation des tensions, condamner les violences contre les populations civiles. Ils ont également souligné que les solutions militaires seules ne sauraient garantir une paix durable, appelé à privilégier le dialogue ainsi que les voies diplomatiques dans le règlement des différends, salué l’engagement des États-Unis et de l’Iran en faveur du dialogue et de la recherche de solutions pacifiques au conflit, tout en les encourageant à maintenir cette dynamique positive dans l’intérêt de la stabilité régionale et internationale.

Ils saluent également les initiatives diplomatiques, les efforts de médiation et les actions de facilitation ayant contribué à la désescalade des tensions et à la promotion du règlement pacifique des différends au Moyen-Orient, encouragent la poursuite des négociations et consultations en cours ainsi que le développement d’un dialogue plus inclusif associant l’ensemble des parties concernées et appellent à la préservation de la sécurité des voies maritimes internationales, de la sécurité énergétique mondiale et des conditions nécessaires à la stabilité économique internationale.

Au sujet des relations entre l’Afrique et le Moyen-Orient, la conférence ministérielle salue l’importance du dialogue entre l’Afrique et le Moyen-Orient ainsi que la participation des Etats du Moyen-Orient aux travaux de ladite conférence, appellent à une mobilisation accrue des acteurs régionaux et internationaux en soutien aux initiatives de médiation et aux efforts diplomatiques en cours, afin d’encourager l’adoption progressive de mesures de confiance mutuelle entre les parties concernées

Les ministres ont également salué le leadership du Togo l’organisation de cette conférence ministérielle ainsi que son engagement constant en faveur du dialogue, de la paix et de la coopération internationale et réaffirmé leur volonté commune de promouvoir un ordre international fondé sur le dialogue, le respect mutuel, la souveraineté des États, la stabilité régionale, la coopération entre les nations et la prospérité partagée.

Ils nourrissent l’espoir que les efforts de dialogue, de médiation et de coopération encouragés par cette déclaration de Lomé contribueront à faire émerger des formes de coexistence davantage empreintes de confiance mutuelle, de compréhension réciproque, de respect, de solidarité et de responsabilité partagée au service du bien commun, de la stabilité internationale et de la paix durable.

Ils ont décidé par ailleurs de poursuivre les consultations et de rester saisis de l’évolution de la crise au Moyen-Orient ainsi que de ses implications économiques et sécuritaires pour le continent africain et convenu d’œuvrer à la mise en place d’un Cadre de dialogue stratégique Afrique-Moyen-Orient en vue de favoriser un dialogue régulier et des consultations sur les questions d’intérêt commun.

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