Désenclavement : le Togo unit son agriculture à ses réseaux de transport

Accélérer le transport des marchandises, connecter les bassins de production aux marchés et moderniser les infrastructures : tel est le cap fixé par le Togo pour donner un nouvel élan à sa logistique nationale. Pour concrétiser cela, le Programme d’amélioration des systèmes logistiques et du transport (PASLT) met l’accent sur 3 priorités notamment la relance du transport ferroviaire de marchandises entre le Port autonome de Lomé (PAL) et la Plateforme industrielle d’Adétikopé (PIA), l’amélioration de la mobilité dans le Grand Lomé et le désenclavement des principaux bassins agricoles.
La Banque mondiale a approuvé un financement concessionnel de 200 millions de dollars, soit près de 115 milliards de francs CFA pour soutenir ces investissements. Ce nouvel appui vient renforcer la dynamique engagée par le gouvernement pour moderniser les infrastructures de transport et consolider le rôle du Togo en tant que plateforme logistique de premier plan en Afrique de l’Ouest.
Premier chantier du programme : la remise en service de la liaison ferroviaire entre le port autonome de Lomé et la PIA. Longtemps sous-exploité, le rail est appelé à retrouver une place stratégique dans le transport des marchandises, notamment des conteneurs en provenance du port.
Cette infrastructure permettra d’alléger le trafic des poids lourds sur les principaux axes routiers de Lomé, tout en réduisant les délais et les coûts de transport entre le port et la plateforme industrielle, située à une vingtaine de kilomètres de la capitale. Inaugurée en 2022, la PIA constitue aujourd’hui l’un des principaux pôles industriels du pays et dispose d’une importante capacité de stockage de conteneurs. Son raccordement ferroviaire devrait renforcer son attractivité auprès des investisseurs.
Cet investissement répond à une réalité économique. En l’espace de 10 ans, le trafic du PAL est passé de 311 500 équivalents vingt pieds (EVP) en 2013 à près de 1,9 million d’EVP en 2023, illustrant la montée en puissance du seul port en eau profonde de la côte ouest-africaine. Une progression qui nécessite désormais des infrastructures capables d’accompagner durablement cette croissance.
Le deuxième pilier du PASLT concerne la mobilité urbaine. Avec une population en constante augmentation, le Grand Lomé fait face à une circulation de plus en plus dense, notamment autour de la zone portuaire.
Le programme prévoit des investissements destinés à améliorer la fluidité des déplacements des personnes et des marchandises. L’objectif est de réduire les embouteillages, de diminuer les émissions de gaz à effet de serre et d’offrir un cadre de vie plus agréable aux habitants.
Selon les estimations de la Banque mondiale, près de 2,2 millions de personnes devraient bénéficier directement d’une baisse de la congestion liée aux activités portuaires ainsi que d’une amélioration de la qualité de l’air.
Ces aménagements compléteront les efforts déjà engagés par le gouvernement pour moderniser le réseau routier national, long de près de 12 000 kilomètres, dont une partie fait régulièrement l’objet de travaux de réhabilitation et d’entretien. Pour la seule année 2026, 1 912 kilomètres de routes nationales doivent être entretenus grâce à une enveloppe de 18,1 milliards de francs CFA.
Le troisième axe du programme cible les régions de la Kara, des Savanes, des Plateaux et de la plaine de Mô, où les infrastructures de desserte seront renforcées afin de faciliter l’accès des producteurs aux marchés locaux, régionaux et internationaux.
En améliorant la connectivité entre les zones agricoles à fort potentiel et les centres de commercialisation, le PASLT entend réduire les pertes post-récolte, améliorer les revenus des producteurs et renforcer la compétitivité des filières agroalimentaires.
Les nouvelles infrastructures seront également conçues pour mieux résister aux effets du changement climatique. Au total, environ 400 000 personnes, dont 51 % de femmes, devraient voir leur accès aux marchés et aux services essentiels considérablement facilité. L’amélioration des chaînes logistiques devrait profiter à l’ensemble de l’économie nationale en favorisant une circulation plus rapide des biens.
Ce nouveau financement vient également compléter les 150 millions de dollars approuvés en décembre 2025 pour soutenir l’investissement privé et la création d’emplois. Avec un portefeuille actif qui atteint désormais près de 1,5 milliard de dollars au Togo, la Banque mondiale confirme sa confiance dans les réformes engagées par le pays.
De son côté, le gouvernement poursuit une stratégie visant à faire des infrastructures un levier de croissance, de compétitivité et d’intégration régionale.
La Redaction
Publié sur Togo En Live




