Faure Gnassingbé: ‘L’Afrique ne doit pas échouer dans sa mission de paix’

La Réunion de haut niveau sur la cohérence et la consolidation du processus de paix en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs s’est tenue samedi à Lomé. Les travaux ont été ouverts par le Président du Conseil, Faure Gnassingbé, Médiateur de l’Union Africaine pour la résolution de la crise. La rencontre a permis de renforcer la cohérence des initiatives de médiation, d’examiner la feuille de route globale du processus de paix, de mieux articuler les efforts des différents facilitateurs et d’échanger sur les développements récents dans l’Est de la RDC.
La Réunion de Lomé fait suite à la signature en novembre dernier à Washington sous l’égide du président américain, Donald Trump, d’un accord de paix entre la RDC et le Rwanda.
Elle a enregistré la présence d’éminentes personnalités africaines notamment Mahmoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’Union africaine, les parties prenantes et le panel des facilitateurs de l’Union africaine composé des anciens présidents Olusegun Obasanjo du Nigeria, Uhuru Kenyatta du Kenya, Mokgweetsi Masisi du Botswana, et des anciennes présidentes Sahle-Work Zewde d’Éthiopie et Catherine Samba-Panza de la République centrafricaine, et plusieurs autres acteurs impliqués dans ce processus de paix.
Le Président du Conseil de la République togolaise a souligné que la situation en République démocratique du Congo et dans la région des Grands Lacs appelle à la cohérence de l’action et cette réunion est un moment de vérité pour l’action africaine.
Le chef du gouvernement togolais estime que les efforts récents ont permis de maintenir un espace politique actif qui constitue un acquis important.

Il précise toutefois que cet espace doit désormais produire des compromis durables et capables de résister au temps, aux chocs, et aux fragilités du contexte régional et international. Pour le Médiateur de l’Union Africaine, Lomé ne doit pas être une conférence de plus.
« Ça doit être un moment de clarification politique. Ce moment engage notre crédibilité collective. Il engage la capacité de notre continent à traiter ses crises les plus complexes avec lucidité, cohérence et constance. L’Afrique ne doit pas échouer dans sa mission de paix. L’enjeu est donc d’abord celui des conditions d’une paix durable en RDC et dans les Grands Lacs. Il est aussi celui de la maturité politique de l’action africaine face aux défis de sécurité et de stabilité du continent », a-t-il déclaré.
Le Président du Conseil a appelé à une cohérence stratégique, gage d’une paix durable en République démocratique du Congo.
« Il ne suffit pas de proclamer la paix mais il faut la construire dans le temps. Nous avons besoin de réaliser ici un saut qualitatif en matière de cohérence. Nous devons faire en sorte que chaque effort contribue à une dynamique commune et non à une dispersion des stratégies », a-t-il fait savoir.

Le chef du gouvernement a rappelé que l’objectif central de cette Réunion de haut-niveau est de restaurer de renforcer l’alignement, la complémentarité et la lisibilité de l’action africaine.
Il a insisté sur une cohérence politique entre les Etats concernés de la région pour réduire les malentendus et reconstruire la confiance ; une cohérence institutionnelle entre l’Union africaine, les Communautés économiques régionales et les facilitateurs pour éviter les chevauchements et les contradictions et une cohérence opérationnelle entre les décisions prises au sommet et leur traduction concrète sur le terrain.
Faure Gnassingbé a également fait savoir que le processus africain unifié doit maintenant devenir pleinement opérationnel.

« Nous disposons d’un cadre politique clair : le processus africain unifié, place sous le leadership de la Médiation de l’Union africaine. Mais l’histoire des processus de paix nous enseigne une chose essentielle. Un cadre, aussi pertinent soit-il, n’a de valeur que s’il produit des résultats concrets », a-t-il laissé entendre.
Enfin, le Président du Conseil appelle à faire en sorte que les populations puissent vivre la paix.
« La paix ne se mesure pas uniquement à la signature d’accords ni à la tenue de réunions. Elle se mesure à la sécurité retrouvée, à l’accès aux services essentiels et au retour progressif de la confiance dans la vie quotidienne. Les dimensions humanitaires, sociales et économiques ne sont pas périphériques au processus de paix. Elles en sont le test de crédibilité. Si les populations ne perçoivent pas d’amélioration concrète de leurs conditions de vie, les accords de paix restent fragiles et les cycles de violence peuvent reprendre. Autrement dit, si la diplomatie se déconnecte de la réalité vécue sur le terrain, alors la paix reste précaire », a-t-il conclu.

La Redaction
Publié sur Togo En Live




