Recouvrement des avoirs: ANCE-Togo implique les OSC

L’Alliance Nationale des Consommateurs et de l’Environnement (ANCE-Togo) continue de jouer sa part dans la lutte contre les flux financiers illicites au Togo. Avec l’appui financier du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA), elle a organisé dans ce sens jeudi à Lomé un atelier de renforcement des capacités des organisations de la société civile (OSC) après celui des journalistes. L’objectif est de les amener à appuyer les actions de plaidoyer en faveur de l’adoption de l’avant-projet de loi portant création de l’organe de recouvrement des avoirs et son opérationnalisation au Togo.
D’après Fabrice Ebeh, le président de l’ANCE-Togo, l’Afrique a perdu ces 50 dernières années plus de 1000 milliards de dollars en flux financiers illicites. Une somme qui équivaut environ à l’ensemble de l’aide publique au développement reçue par l’Afrique au cours de la même période.
« On estime actuellement que l’Afrique perd plus de 50 milliards de dollars par an du fait des flux financiers illicites (UA, 2015). En outre, entre 2001 et 2010, les pays africains ont perdu 407 milliards de dollars du simple fait de la falsification des prix dans les transactions commerciales (CEA, 2010). Par ailleurs, selon un rapport du CNUCED publié en 2020, il est aussi révélé que certains pays où les flux financiers illicites sont élevés dépensent en moyenne 25 % de moins pour la santé et 58 % de moins pour l’éducation que les pays où les flux financiers illicites sont faibles », a-t-il déclaré.
Toujours selon le président de l’ANCE-Togo, en érodant l’assiette fiscale et en décourageant les investissements publics et privés, les flux financiers illicites entravent la transformation structurelle, la croissance économique et le développement durable.
Dans le but de lutter efficacement contre ce fléau au Togo, le gouvernement a mis en place plusieurs institutions parmi lesquels la CENTIF-Togo et adopté plusieurs textes juridiques.
De son côté, le GIABA a recommandé au gouvernement l’adoption de l’avant-projet portant mise en place de l’organe de recouvrement des avoirs ainsi que son opérationnalisation, estimant que les criminels continueront à prospérer et à être enthousiastes tant qu’ils pourront conserver les avoirs acquis dans le cadre de leurs activités criminelles.
Ces sessions de renforcement des capacités constituent pour l’ANCE-Togo un moyen pour amener les différents acteurs à appuyer les actions de plaidoyer en faveur de la mise en place de cet organe et son opérationnalisation.
Une quinzaine d’organisation de la société civile intéressées par les question de la bonne gouvernance, de transparence financière et de lutte contre les flux financiers illicites ont pris part à cette deuxième rencontre qui a porté sur trois modules : Le cadre juridique des flux financiers illicites au Togo, le rôle de l’organe de recouvrement des avoirs et les impacts des flux financiers illicites sur le développement en Afrique.
La Redaction
Publié sur Togo En Live




