SIEF 2026: le risque entrepreneurial au cœur des débats à Lomé

La 2e édition du Salon International de l’Entrepreneuriat Féminin (SIEF) a démarré vendredi à l’Université de Lomé avec un colloque scientifique. Les travaux ont été ouverts par le ministre délégué chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, Prof Gado Tchangbedji. L’évènement vise à contribuer au renforcement durable des capacités des femmes entrepreneures à anticiper, comprendre et gérer les risques inhérents à leurs activités, tout en consolidant les liens entre entrepreneures, décideurs publics, institutions financières, chercheurs et partenaires techniques.
La cérémonie d’ouverture a enregistré la participation de Dr Kayi Dogbé, présidente de la Fondation Citoyens d’Afrique (structure organisatrice), du Prof Kossivi Hounaké, président de l’Université de Lomé, de Binta Saneh, représentante résidente du PNUD au Togo, d’Emily Gray, représentante résidente de la CEDEAO au Togo, et de Nabou Fall, vice-présidente du Salon. Des chercheurs et des femmes entrepreneures venus d’horizons divers ont également pris part à l’événement.
« Le colloque a porté sur « Les nouvelles figures du risque en Afrique », un sujet décliné du thème central de cette édition : « Le risque entrepreneurial dans le contexte africain ».
Selon Kayi Dogbé, ce colloque vise enrichir la recherche scientifique en abordant des thématiques inédites et majeures qui complètent les études existantes. De plus, la publication des actes permettra d’alimenter les bibliothèques et de soutenir les travaux de recherche à l’échelle internationale.
« Tout comme le genre, le risque est transversal. Il fait partie de notre quotidien et, face aux mutations technologiques, industrielles et environnementales, le monde actuel voit l’émergence de nouveaux périls. Parce que de nouvelles facettes du risque se dessinent, il nous a paru essentiel de nous pencher sur ce sujet », a-t-elle expliqué.
La 2e vice-présidente du Salon, Nabou Fall a, pour sa part, partagé ses 20 ans d’expérience entrepreneuriale et abordé ce que sont les nouvelles figures de risque.
« Tout au long de mon parcours entrepreneurial, j’ai été confrontée à plusieurs challenges. Si nous avions été en mesure d’anticiper les risques surtout ceux liés au financement, à l’inclusion financière, aux aléas climatiques contemporains et à l’émergence récente de l’intelligence artificielle, nous aurions pu mieux appréhender les obstacles fiscaux, humains et liés au crédit, et avoir une meilleure visibilité. Ainsi, lorsque l’on évoque les nouvelles figures du risque, il s’agit de modéliser et de matérialiser ces menaces afin de mieux anticiper les difficultés que rencontrent les femmes entrepreneures », a-t-elle indiqué.
Procédant à l’ouverture du colloque, le ministre délégué chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche, Prof Gado Tchangbedji a souligné l’importance et la pertinence évidentes du thème choisi.
Il a invité les chercheurs présents à développer des approches interdisciplinaires, estimant que les nouvelles figures du risque ne peuvent être appréhendées sous un seul angle.
« Elles exigent un dialogue permanent entre le droit, les sciences politiques, l’économie, la sociologie, la géographie, les sciences de l’environnement, la santé publique, l’informatique et l’intelligence artificielle. Cette interdisciplinarité constitue aujourd’hui l’une des principales conditions de la production d’une recherche permanente et utile à la société », a-t-il ajouté.
Le colloque a principalement abordé l’utilisation de l’intelligence artificielle et de ses risques cognitifs, les changements climatiques, ainsi que le financement et l’investissement.
Tout comme l’année dernière, Yas Togo est le sponsor officiel du SIEF 2026. Le manager sponsoring de l’opérateur, Reine Ali-Tiloh Tchakpélé a donné les raisons de leur soutien à cet évènement.
« Yas Togo est mieux positionné pour aborder et décortiquer les risques liés à la transformation numérique et à la cybercriminalité. L’opérateur a également l’entrepreneuriat féminin à cœur, car nous accompagnons de nombreuses femmes dans ce domaine. En Afrique, l’entrepreneuriat fait face à de nombreux obstacles. C’est autour de ce sujet que nous allons discuter pour identifier les risques, les analyser et trouver des solutions. L’objectif est d’accompagner ces femmes qui se battent au quotidien pour soutenir leurs familles et leurs communautés », a-t-elle laissé entendre.
Pour le deuxième jour du Salon, l’Académie panafricaine de l’entrepreneur prévoit une session d’activités ainsi que trois ateliers de formation destinés aux femmes entrepreneures. Ces ateliers, axés sur l’intelligence artificielle, la garantie des risques et la planification du temps, seront animés par des expertes venues de différentes régions d’Afrique.
La soirée sera marquée par la cérémonie officielle de remise des prix, au cours de laquelle sera dévoilée la lauréate du Grand Prix Africain Yas de l’entrepreneuriat féminin, doté de 5 millions de FCFA. D’autres distinctions seront également décernées, notamment le prix de l’Excellence féminine (financé par la Fondation Nana Anè XV), le prix de l’Entrepreneur social, le prix de l’Audace féminine (soutenu par la CEDEAO), ainsi que des hommages rendus à de hautes personnalités.
La Redaction
Publié sur Togo En Live



