SIEF: Un Salon qui promeut l’autonomisation économique des femmes africaines

La 1ère édition du Salon International de l’Entrepreneuriat Féminin (SIEF 2025) s’est tenue les 8 et 9 août derniers à l’Université de Lomé (UL) autour du thème « L’Afrique de toutes les opportunités ». L’initiative est à l’actif de KD Group et de la Fondation Citoyenne d’Afrique, deux structures dirigées par Kayi Dogbé, Docteure en Droit public et Enseignante-Chercheure à l’UL. L’objectif est de promouvoir l’autonomisation économique des femmes africaines à travers le renforcement de leurs compétences, la mise en réseau et la valorisation de leurs initiatives entrepreneuriales, culturelles et sociales.
Le SIEF 2025 a été une plateforme inédite de rencontres, de réflexions et d’échanges, réunissant plus de 1000 participantes et participants venus de treize pays africains. L’évènement a accueilli une diversité de profils qui illustre la richesse et la complémentarité des dynamiques sociales et économiques du continent.
L’une des activités phares est l’organisation d’un Colloque international sur le thème : « Femmes, droits et autonomisation en Afrique ». Cette rencontre a offert un cadre scientifique de réflexion sur les enjeux juridiques, politiques et sociaux liés à l’égalité.
La première session de ce colloque a été présidée par Kossivi Hounaké, agrégé de droit public, professeur titulaire des universités et ministre délégué. Ce dernier a mis l’accent sur les fondements théoriques et politiques de l’égalité de genre, mettant en lumière l’évolution du concept dans le contexte africain et les défis liés à sa mise en œuvre concrète.
Cette session a été marquée notamment par des interventions sur le rôle des médias dans la représentation des femmes et la construction sociale du genre, la construction sociale du genre dans la chefferie traditionnelle en milieu Ewé au Togo, les enjeux de la constitutionnalité de l’égalité en droit de la famille, avec une analyse spécifique sur le cas du mariage.
Axée sur le thème : « Femme et autonomisation, un couple au service du développement durable », la deuxième session a été présidée par Élise Kakam, Représentante Résidente de l’UNFPA au Togo avec des communications enrichissantes sur les liens entre la femme et les droits de l’homme, la problématique des femmes face aux changements climatiques en Afrique, la femme et la liberté d’expression à l’ère du numérique.
La troisième partie a porté sur les politiques publiques en matière d’autonomisation des femmes et leurs effets. Présidée par Professeure Nadine Machikou, Vice-Rectrice de l’Université de Yaoundé II-Soa, elle a été ponctuée d’une analyse comparative sur la constitutionnalisation de la parité et la représentation des femmes dans les parlements africains, une réflexion sur la nécessité de repenser le gender mainstreaming en Afrique ainsi qu’un apport des Organisations non-gouvernementales (ONG) dans la mise en œuvre des politiques publiques, illustrée par l’exemple du Bénin.
Le Salon a été également meublé par la Journée Internationale de la Femme Africaine Internationale de la Femme Africaine (JIFA TALK) organisée autour du thème : « Les femmes fortes d’hier et d’aujourd’hui, quel héritage pour nos générations présentes et futures ? ». Elle a permis aux éminentes figures telles que Denise Épote, Nadine Machikou, Nabou Fall, Coumba Gawlo et Maimouna Mbacke de partager avec plus de 500 personnes leur expertise, leurs expériences et leurs engagements en faveur de l’émancipation et du leadership féminin.

On note par ailleurs un atelier de renforcement de capacités des entrepreneures et artisanes organisé dans le cadre de l’Académie africaine de l’entrepreneuriat féminin.
Placé sous le thème : « Le produit, de l’idée à la commercialisation », cet atelier visait à outiller les participantes sur l’ensemble du processus de transformation d’une idée entrepreneuriale en un produit fini capable de conquérir le marché.
La rencontre a connu la participation des jeunes porteuses de projets, des artisanes confirmées et des femmes entrepreneures déjà engagées dans des initiatives locales ou régionales. A l’occasion, le représentant de l’Office Togolais des Recettes (OTR), Ezo Klutsé s’est penché sur la question cruciale de l’assiette fiscale de l’entrepreneur. Il a éclairé les participantes sur les obligations fiscales liées à l’exercice d’une activité économique au Togo, mais également sur les opportunités qu’offre une bonne maîtrise du système fiscal.
« Il s’avère nécessaire de formaliser les entreprises pour bénéficier des dispositifs d’accompagnement de l’État, mais aussi pour garantir la transparence et la pérennité des activités », a-t-il ajouté.
De son côté, Mme Nabou Fall, fondatrice de la Nabou Fall Akademy et figure emblématique de l’entrepreneuriat féminin en Afrique a abordé la question du leadership entrepreneurial et du branding des produits. Elle a souligné l’importance pour les femmes entrepreneures de se percevoir avant tout comme des leaders capables de porter une vision et d’incarner la crédibilité de leurs produits.
« Le branding ne se limite pas à un logo ou à un emballage, mais constitue l’identité même d’une entreprise et la clé de sa différenciation sur le marché », a-t-elle laissé entendre.
Mme Fall a également partagé plusieurs expériences personnelles et exemples pratiques pour montrer comment une stratégie de communication cohérente peut transformer un produit artisanal ou local en une marque reconnue au-delà des frontières.
Les participantes ont salué cette initiative. Ils ont profité de l’occasion pour partager leurs difficultés liées à la mise en valeur de leurs produits, à l’accès aux circuits de distribution et aux financements ainsi que les obstacles rencontrés dans la compréhension des obligations fiscales et administratives.

La Redaction
Publié sur Togo En Live




