SIPAO: Réflexions à Lomé sur l’appropriation et la pérennisation aux niveaux national et régional

Le programme SIPAO (Système d’Information Policière d’Afrique de l’Ouest) amorce sa phase d’appropriation et de pérennisation aux niveaux national et régional. Dans ce sens, une réunion de coordination des chefs dudit programme a démarré mardi à Lomé. Les travaux ont été ouverts par Hodabalo Kadja, secrétaire général du ministère de la sécurité en présence d’Emily Gray, représentante résidente de la CEDEAO au Togo. Il est question de discuter de l’état de mise en œuvre du programme ainsi que des défis rencontrés et de fournir une perspective claire.
Le SIPAO est un programme de la CEDEAO, mis en œuvre par INTERPOL avec le soutien financier de l’Union Européenne (UE) via différents instruments de financement. Il vise à accroître la capacité des autorités ouest-africaines chargées de l’application de la loi à lutter contre la criminalité transnationale grâce à l’amélioration de la gestion et du partage de l’information.
La première phase s’est déroulée entre septembre 2012 et septembre 2013. Cette phase a été celle de la préparation et de la planification, menée en coopération avec des pays pilotes (Bénin, Ghana, Mali et Niger-Mauritanie en tant qu’observateur).
La deuxième phase, celle de mise en œuvre s’étend sur octobre 2013 à février 2016 et a été lancée dans quatre pays supplémentaires Côte d’Ivoire, Tchad, Burkina Faso et Mauritanie.
La phase finale a consisté en l’extension à tous les Etats membres de la CEDEAO entre novembre 2017 et mai 2025.
Après 13 ans de mise en œuvre, le programme a été officiellement remis le 8 avril 2025 aux autorités nationales et régionales, marquant la prise de responsabilité de la Commission de la CEDEAO au sujet de son appropriation et sa pérennisation.
Durant trois jours à Lomé, les gestionnaires DACORE (Centre d’enregistrement des données policières) notamment les chefs au niveau national ainsi que le personnel de la CEDEAO et la cellule nationale de la CEDEAO vont faire le point sur le niveau de mise en œuvre du programme aux niveaux national et régional, examiner les défis liés à l’opérationnalisation du SIPAO, surtout depuis sa remise à la CEDEAO et convenir des voies et moyens permettant aux États membres et à la Commission d’assurer son appropriation et sa pérennité.
« La Conférence des chefs de la CEDEAO nous a mandaté d’assurer l’appropriation et la pérennité du SIPAO par les États membres puisque l’appui financier de l’Union Européenne est arrivé à terme. Nous allons au cours de cette réunion réfléchir sur comment procéder. Nous avons des idées au niveau de la CEDEAO, mais il faut qu’on les échange avec les États membres pour voir comment nous pourrons atteindre cet objectif », a déclaré Dr Cyriaque Pawoumotom Agnekethom, directeur du maintien de la paix et de la sécurité régionale de la CEDEAO.
Pour sa part, le commissaire divisionnaire, Nouroudine Ouro-Salim a salué les avancées du SIPAO au Togo.
« Pendant longtemps, les services de police ont évolué avec de l’archivage physique des procès-verbaux et données. A partir du programme SIPAO, on a pu numériser tout ce que nous avons comme archives. Aujourd’hui, tous les commissariats et brigades de gendarmerie disposent de l’outil SIPAO, permettant un partage facile, fiable, sécurisé et instantané des données policières », a-t-il indiqué.
De son côté, le commissaire divisionnaire, Denis Ogan Kadoukpe, directeur du centre de documentation de sécurité publique du Bénin estime que la criminalité transnationale ne peut avoir une réponse de qualité qu’ensemble.
« Il est important que toutes les polices de la sous-région puissent directement échanger les informations afin d’aller vite », a-t-il laissé entendre.
Dans son discours d’ouverture, le secrétaire général du ministère de la sécurité, Hodabalo Kadja a affirmé que le SIPAO constitue une réponse structurante aux défis sécuritaires contemporains.
« Dans un environnement marqué par la montée de menaces transnationales notamment le terrorisme, les trafics illicites, la cybercriminalité, nos réponses ne peuvent être que collectives. La sécurité de nos États est désormais indissociable de notre capacité à coopérer, à mutualiser nos moyens et à renforcer la confiance entre nos institutions », a-t-il déclaré.
Selon M. Kadja, le Togo fidèle à son engagement en faveur de l’intégration régionale, a fait du développement du SIPAO une priorité stratégique.
« Le Centre d’Information de Police du Togo (CIPT) a ainsi enregistré des avancées significatives, notamment en matière de déploiement du système, de renforcement des capacités des utilisateurs, d’identification biométrique mais également de développement de capacités analytiques », a-t-il souligné.
La Redaction
Publié sur Togo En Live




