Togo: la CNDH s’approprie le Protocole de Maputo pour promouvoir davantage les droits des femmes

La Journée internationale des droits de la femme n’est pas passée inaperçue à la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH). L’institution chargée de la promotion et de la protection des droits humains a organisé le lundi 9 mars 2026 à Lomé dans le cadre de cet évènement un atelier de formation à l’intention de ses membres et de son personnel sur les dispositions du Protocole de Maputo. L’objectif est de contribuer à la préservation efficace des droits des femmes.
La séance a porté sur le thème : « Appropriation du Protocole de Maputo : enjeux et défis pour la CNDH ». Le Protocole à la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatif aux droits des femmes en Afrique, adopté le 11 juillet 2003 à Maputo, est un instrument juridique régional de référence en matière de promotion et de protection des droits des femmes sur le continent africain.
Le Togo l’a ratifié le 26 octobre 2005 et a souscrit à des obligations juridiques contraignantes visant à garantir l’égalité entre les sexes, à prévenir et sanctionner les violences faites aux femmes, à assurer l’accès aux droits économiques et sociaux, ainsi qu’à promouvoir la participation pleine et effective des femmes à la vie publique et politique.
Dans cette dynamique, des réformes législatives et réglementaires substantielles ont été engagées, accompagnées de l’élaboration de politiques et de stratégies nationales. C’est ainsi que le 10 novembre 2022, l’Assemblée nationale a adopté quatre lois majeures portant modification du Code du travail, du Code de la sécurité sociale, du Code foncier ainsi que du Code des personnes et de la famille, en vue de renforcer les droits des femmes et de consolider l’égalité de genre.
Toutefois, en dépit des avancées, des défis importants subsistent, notamment en matière d’accès effectif à la justice et de lutte contre les violences basées sur le genre. Ces insuffisances appellent un renforcement continu des capacités des institutions nationales compétentes.
C’est ce qui justifie l’organisation de cet atelier de formation des membres de la CNDH et de son personnel sur les dispositions dudit Protocole à l’occasion de la Journée internationale des droits de la femme, observée chaque 8 mars et, qui se veut une occasion pour tous les acteurs notamment les institutions étatiques, les partenaires au développement et les organisations de la société civile, pour dresser le bilan des politiques et envisager de nouvelles pistes pour la promotion des droits des femmes.
La rencontre a également enregistré la participation des représentants de la Commission des lois de l’Assemblée nationale, du Sénat, de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC) et de la Haute autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HAPLUCIA).
Le thème retenu par l’ONU pour l’édition 2026 est : « Droits. Justice. Action. Pour TOUTES les femmes et les filles ».
Le président de la CNDH, Me Kwao Ohini Sanvee a estimé qu’il s’agit d’une invitation à unir les voix et les efforts pour que chaque femme et chaque fille, partout dans le monde, puisse jouir pleinement de ses droits et vivre dans des sociétés plus équitables et durables ainsi qu’un appel à l’action pour démanteler les obstacles structurels à une justice équitable, comme les lois discriminatoires, les protections juridiques insuffisantes et les pratiques et normes sociales néfastes qui érodent les droits des femmes et des filles.
« L’un des instruments juridiques les plus progressistes en matière de droits des femmes est le Protocole de Maputo. Il complète la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples en se concentrant spécifiquement sur les droits des femmes en matière d’égalité, de dignité, de santé, de participation politique, de protection contre la violence, entre autres. C’est à ce titre que la CNDH veut contribuer à réduire significativement les inégalités entre homme et femme en renforçant les capacités de ses ressources humaines ainsi que celles de quelques représentants des institutions de la République sur cet instrument », a-t-il expliqué.
De son côté, la 1ère vice-présidente de la CNDH, Irène Aïssa-Assih a insisté sur la méconnaissance du dudit Protocole au Togo.
« Or c’est un instrument très important pour la promotion et la protection des droits des femmes en Afrique. Nous avons voulu nous l’approprier pour pouvoir disposer des éléments solides pour nos sensibilisations sur le terrain », a-t-elle indiqué.
Pour Mathilde Sant-Anna Attoh, juriste, chargée de programme à WILDAF Afrique de l’Ouest, les enjeux et défis qui restent à relever c’est la jouissance effective des droits des femmes.
« Les lois sont là mais beaucoup de femmes ne jouissent pas encore correctement de leurs droits. Il faut donc insister sur cet aspect pour que les pays dont le Togo puisse mettre à disposition des femmes des particularités pour leur permettre d’avoir accès facilement à ce Protocole », a-t-elle laissé entendre.
La communication lors de la séance a notamment porté sur les dispositions pertinentes du Protocole, ses objectifs, les droits garantis, les études de cas tirées du contexte national et régional.
La Redaction
Publié sur Togo En Live




