Togo: l’ANC interpelle le procureur de la République sur les scandales financiers

L’Alliance Nationale pour le Changement (ANC) a exprimé lundi dernier sa préoccupation face aux récentes déclarations du procureur de la République. Dans un communiqué, le parti de Jean-Pierre Fabre a dénoncé cette nouvelle manœuvre du pouvoir destinée à instaurer un climat de peur et d’intimidation au sein de la population. Il invite le procureur de la République à faire œuvre utile en ouvrant sans délai des enquêtes sur les nombreux scandales financiers qui ont saigné à blanc les caisses de l’État.
Pour l’ANC, les sorties médiatiques répétées des membres du gouvernement, tendant à restreindre les libertés publiques, traduisent la crainte grandissante d’un régime en mal de légitimité et de légalité. Le parti de Jean-Pierre Fabre estime qu’en s’attaquant à la libre expression sur les réseaux sociaux désormais espace privilégié de la résistance citoyenne pacifique, le pouvoir en place tente désespérément de réduire au silence toute voix discordante, face à « une dictature militaro-clanique à façade civile qui opprime le peuple togolais depuis plusieurs décennies ».
L’ANC a tenu à rappeler que le pouvoir finance et protège depuis des décennies des individus et groupes organisés, d’abord sur les médias d’État puis sur les réseaux sociaux, pour insulter, calomnier et diffamer les leaders de l’opposition et les citoyens critiques du régime, sans que le procureur de la République n’ait jamais réagi.
« Le peuple togolais a également été témoin de fausses informations, souvent graves, mensongères et diffamatoires, propagées impunément par des membres du gouvernement, des députés et désormais des sénateurs du parti au pouvoir ou ses alliés, tapis derrière leurs immunités, sans qu’aucune poursuite ne soit engagée », précise-t-il.
Pour l’ANC, le pouvoir choisit d’agiter la menace judiciaire dans une vaine tentative d’intimidation contre la jeunesse togolaise, consciente de ses droits et de ses responsabilités et utilise les réseaux sociaux pour dénoncer l’arbitraire, la corruption et les dérives.
« L’ANC estime qu’il est temps pour le parquet, avec à sa tête le procureur de la République, de faire œuvre utile en ouvrant sans délai des enquêtes sur les nombreux scandales financiers qui ont saigné à blanc les caisses de l’État: le détournement des fonds liés à la COVID-19, la construction de la route Lomé-Vogan-Anfoin, celle du siège de la LONATO, les flux financiers illicites, les évasions fiscales et autres affaires troubles. Plutôt que de chercher à restreindre les espaces de liberté et à exposer les citoyens, en particulier les jeunes, à la répression, la justice devrait s’attacher à combattre l’impunité et la corruption », a-t-il indiqué.
Dans une démarche de dénonciation, l’ANC condamne cette nouvelle instrumentalisation de la justice à des fins politiques et appelle les magistrats à ne pas se laisser manipuler par le pouvoir exécutif dans sa stratégie de musellement des libertés publiques.
Par ailleurs, il exige la libération immédiate et sans conditions de tous les détenus d’opinion, victimes d’un acharnement judiciaire contraire aux principes fondamentaux de l’État de droit.
« Parmi eux, le jeune poète Affectio, détenu depuis neuf mois, la Juriste Madame Chimène Akou Apévo, mère de famille, arrêtée et déferrée le 02 septembre 2025 pour « atteinte à la sûreté intérieure » et « tentative de déstabilisation des institutions », la Sage-femme Madame Grace Koumayi Bikoyi, mère de famille, inculpée et placée sous mandat de dépôt le 06 octobre dernier, également pour atteinte à la sûreté de l’Etat », a fait savoir le parti.
L’ANC a enfin rappelé que la démocratie ne peut s’épanouir dans la peur, la menace et la répression et réaffirmé son engagement indéfectible à défendre, aux côtés du peuple togolais, les libertés fondamentales, les droits des citoyens, la justice indépendante et la vérité, conditions essentielles d’une vie démocratique véritable.
La Redaction
Publié sur Togo En Live




