Togo: le FTSCD interpelle le gouvernement et la classe politique sur le phénomène de milices

Le Forum togolais de la société civile pour le développement (FTSCD) s’est prononcé mercredi sur les manifestations sociopolitiques des 6, 26, 27 et 28 juin derniers à Lomé. Devant la presse, le Forum a exprimé ses inquiétudes face à l’apparition de plus en plus préoccupante de groupes de milices. Il invite le gouvernement et la classe politique togolaise à mettre fin aux activités des milices ou groupes d’autodéfense dans le pays.
« Préservation d’un climat de paix et de sécurité au Togo sans milices ou groupes d’autodéfense », c’est autour de ce thème que la conférence de presse s’est tenue.
Dans sa déclaration liminaire, le FTSCD estime que les milices agissent au Togo en toute impunité et semblent être soutenus par des tiers.
« Les groupes d’autodéfense ou de miliciens constitués spontanément de par leur nature et leurs actions discréditent la confiance des citoyens envers les institutions Etatiques. Ils sont également une menace pour la paix et le développement. Les milices contribuent à l’instabilité, à la violence et entravent les efforts du gouvernement dans la consolidation de la paix et de l’Etat de droit », soutient-il.
L’organisation a tenu à rappeler qu’elle avait organisé le 8 novembre 2012 à Lomé une table ronde sur le thème: « Entretien des milices par les partis politiques en Afrique quels risques sur les processus électoraux ? cas du Togo ». Une activité qui faisait suite à la recrudescence des activités des milices ou groupes d’autodéfense en Afrique et particulièrement au Togo.
« Presque 13 ans après, le FTSCD revient au-devant de la scène sur la question des milices suite aux récents évènements émaillés de violence que nous avons vécu dans la capitale. Ces groupes agissent à visage découvert avec assurance troublante. Ils s’attaquent aux manifestants, les traquent et les brutalisent en toute impunité. Ceci interpelle sur la nature de leurs actes, leur but et à quelle fin ils agissent de la sorte. Leur attitude nous amène à nous demander s’ils ne sont pas en mission recommandée et bénéficient d’une protection quelconque », a deploré Kérim PLE, le directeur exécutif du FTSCD.
Le FTSCD condamne les actes de violence ayant émaillés les récentes manifestations et appelle toutes les parties à la retenue. Par ailleurs, il dénonce les actes de désinformation de certaines personnes et responsables à l’endroit des concitoyens à travers les médias et réseaux sociaux mettant ainsi en péril la stabilité nationale.
« Dans toute société démocratique ou aspirant à le devenir, le droit de manifester pacifiquement est reconnu. Il est normal, voire légitime que les citoyens expriment, soit, leurs désaccords, leurs frustrations ou leur joie dans l’espace public », a laissé entendre M. PLE.
Le Forum encourage les forces de l’ordre et de sécurité à faire preuve de professionnalisme dans leur mission de maintien d’ordre afin d’éviter tout usage disproportionné de la force.
Il dit craindre que des points de résistances organisés contre les milices par d’autres groupes ne dégénèrent en affrontement ou basculer dans une horreur fatale et invite le gouvernement et la classe politique togolaise à mettre fin aux activités des milices ou groupes d’autodéfense.
« Laisser proliférer les milices ou groupes d’autodéfense, c’est ouvrir une brèche dangereuse dans un contexte où tous les togolais aspirent à la paix. C’est aussi encourager l’impunité et l’arbitraire. C’est aussi exposer le pays à un risque majeur de confrontation sociale pouvant déboucher sans exagérer à une crise sociopolitique de grande ampleur », a-t-il prévenu.
L’organisation demande au gouvernement de poursuivre des enquêtes afin de situer les responsabilités pour les divers cas de décès, de violence et de destruction des biens dénoncés. Elle l’invite également à initier un dialogue dans un proche avenir avec toutes les parties prenantes.
La Redaction
Publié sur Togo En Live




