Togo: les journalistes bien aguerris sur le projet d’éducation à la lutte contre la corruption dans les écoles

La Haute Autorité de Prévention et de Lutte contre la Corruption et les Infractions Assimilées (HAPLUCIA) en collaboration avec les ministères chargés de l’éducation et de la formation professionnelle a entretenu mardi à Lomé la presse sur le projet d’intégration de l’éducation à la lutte contre la corruption dans les curricula d’enseignement et de formation au Togo lancé le 3 juillet dernier. La rencontre a permis de présenter aux professionnels des médias le projet dans sa globalité, répondre à leurs interrogations et surtout les associer pleinement à sa mise en œuvre dès cette phase initiale.
Kimelabalou Aba, le président de la HAPLUCIA et Isaac Tchiakpé, le ministre de de l’enseignement technique, de la formation professionnelle et de l’apprentissage étaient mardi face à la presse.
« Le format de la cérémonie de lancement n’a pas permis d’ouvrir un réel espace d’échange avec vous, nos partenaires stratégiques de la communication. Or, pour un projet aussi ambitieux, votre compréhension approfondie des enjeux, de la portée et de la stratégie de mise en œuvre est essentielle afin de vous permettre de jouer pleinement votre partition », a lancé d’entrée Kimelabalou Aba à l’endroit des journalistes.
Le président de la HAPLUCIA a rappelé que le projet d’intégration de l’éducation à la lutte contre la corruption dans les curricula d’enseignement et de formation au Togo s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des mesures préventives prévues à l’article 13-c de la Convention des Nations Unies contre la corruption et des attributions de la Haute Autorité de prévention et de lutte contre la corruption et les infractions assimilées, qui prévoient entre autres de proposer aux ministères compétents, des actions éducatives à l’adresse des apprenants.
Il précise que le plan stratégique 2019-2023 de la HAPLUCIA a inscrit dans son axe 2 intitulé « développement des capacités d’intervention de la HAPLUCIA en matière de prévention et de lutte contre la corruption », l’élaboration des curricula et modules d’éducation et de formation en collaboration avec les ministères compétents.
« Ce projet n’est pas une simple réforme de programme : c’est une vision politique forte, un investissement dans l’avenir de nos enfants, une volonté présidentielle affirmée de construire un Togo plus éthique, plus équitable et plus responsable. Votre voix compte. Vos plumes, vos micros, vos caméras peuvent amplifier cet élan. Faisons équipe pour faire de ce projet un modèle de réussite, pour que chaque apprenant au Togo soit un futur acteur de l’intégrité et du développement », a ajouté M. Aba.
Pour sa part, Isaac Tchiakpé a souligné qu’une lutte efficace contre la corruption ne peut se faite qu’à travers une éducation à la base.
« Pour bâtir une nation où nous pouvons vivre ensemble, une nation harmonieuse en paix, il faut des hommes bien intégrés et disposés les uns envers les autres. C’est cela que vise la démarche dans laquelle s’est inscrite la HAPLUCIA notamment sous les instructions du Président du Conseil. Aujourd’hui, nous avons pris à bras le corps la problématique de la corruption et pour régler le problème nous voulons aller à la source c’est-à-dire semer les germes de la probité dans les plus jeunes esprits, former des citoyens qui ont la notion du service public et le sens de l’intérêt. Ce n’est qu’à ce seul prix que vous avez une nation prospère », a-t-il laissé entendre.
D’un coût global de 650 426 606 FCFA, le projet le projet d’intégration de l’éducation à la lutte contre la corruption dans les curricula d’enseignement et de formation a pour objectif de promouvoir l’enseignement des valeurs d’éthique, d’intégrité, de probité, d’honnêteté, de redevabilité et de responsabilité à tous les niveaux du système d’éducation et de formation, afin de prévenir et combattre la corruption sous toutes ses formes au Togo.
Le projet sera mis en œuvre en trois phases pendant 3 ans (janvier 2025-juillet 2028). Il s’agit de la phase pré-test, la phase d’extension du pré-test et la phase de la généralisation qui prendra en compte tous les établissements scolaires du Togo.
La mise en œuvre se fera suivant deux formules complémentaires et en fonction des sous-systèmes d’enseignement et de formation.
La première formule dite « intégrée » est destinée à l’éducation de l’enseignement primaire ainsi que l’enseignement secondaire général et technique. Elle consiste à intégrer dans les disciplines d’accueil les concepts et les notions relatifs à la lutte contre la corruption.
La seconde formule dite « modulaire » consiste à élaborer des modules en fonction des niveaux ciblés. Elle est dédiée à l’enseignement supérieur ainsi qu’aux centres de formation professionnelle.
La phase pré-test se déroulera au lycée de Légbassito, au lycée d’enseignement technique professionnel d’Adidogomé, au lycée Kara Sud et au centre régional de l’enseignement technique et de la formation professionnelle de Kara.
Au niveau supérieur, la phase pré-test est prévue à la Faculté de droit de l’Université de Lomé, à l’Ecole nationale d’administration (ENA) de Lomé, à la Faculté de Droit et la Faculté de Science politique de l’Université de Kara.
La Redaction
Publié sur Togo En Live




